Comment fonctionne l'Autoentrepreneur


Outils pour l'entrepreneur  


Le statut d'autoentrepreneur est très simple, son atout principal étant l'absence de charges minimales, donc en l'absence de chiffre d'affaire, aucune charge n'est à payer. De plus il n'y a aucune obligation de tenue de comptabilité, et les obligations déclaratives sont elles aussi réduites au minimum (le texte et le décret).

Formalités de création

Il suffit de remplir un formulaire (P0 Autoentrepreneur) de "Déclaration d'une personne physique relevant du régime "fiscal micro", optant pour le "régime micro social simplifié" et demandant à bénéficier de la dispense d'immatriculation au Registre du commerce et des Sociétés et au Répertoire des Métiers".

On voit que du point de vue administratif, il s'agit d'un régime fiscal "micro", optant pour le régime "micro social simplifié", et sans inscription au registre du commerce, et de sociétés, ni au Répertoire des métiers.

  • régime fiscal micro = imposition sur une base du chiffre d'affaire abattu.
  • régime micro social simplifé = calcul des charges sur base du chiffre d'affaire
  • sans inscription = pas de RCS (K-bis).
On peut s'inscrire en ligne sur le site
lautoentrepreneur.fr, ou sur le CFE (Centre de Formalités des Entreprises) de l'URSSAF (le formulaire d'inscription lui-même), ou bien en se rendant au CFE approprié le plus proche :
  • pour une activité commerciale, auprès de la chambre de commerce et d'industrie,
  • pour une activité artisanale, auprès de la chambre de métiers et de l'artisanat,
  • pour une activité libérale (liste des professions admises), auprès de l'Urssaf (a priori, les professions de type libéral, mais qui ne font pas partie de cette liste, ne sont pas autorisées à exercer en autoentrepreneur).

Attention aux arnaques à l'inscription: Voir ici et ici pour des explications.

Cliquer ici pour obtenir la liste des CFE. Le formulaire en ligne comporte les catégories suivantes pour l'activité et le lieu d'exercice :

Nature de l'activité :

Lieu d'exercice :

  • non précisé
  • Extraction
  • Fabrication
  • Montage
  • Réparation
  • Transport
  • Import-export
  • Commerce de gros
  • Commerce de détail
  • Profession libérale
  • Services
  • Location de meublés
  • Autre
  • Travaux de bâtiment
  • Travaux publics
  • non précisé
  • Mine, carrière
  • Dépôt, entrepôt
  • Magasin
  • Bureau, cabinet
  • Sur chantiers
  • Sur marchés
  • En clientèle
  • Autre
  • Exploitation agricole
  • Usine,atelier
Au vu de ces deux listes, on ne peut que rester abasourdi par l'absolue modernité de l'administration de ce pays, qui met en première position les activités d'extractions exercées à la mine ou en carrière. On sent bien la ruée d'autoentrepreneurs soucieux d'exploiter le gisement de pétrole ou la mine d'or située sous leur arrière-cour. Par contre, pas un mot sur les activités de type artisanal à domicile, ou basées sur internet, ou encore les services à la personne dont on parle tant...

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Fonctionnement

Le schéma suivant montre les principes de l'autoentrepreneur :
  • Les charges sociales, ainsi que l'IR (ou bien le revenu imposable) sont entièrement calculés à partir du chiffre d'affaire, sans tenir compte des dépenses réelles.
  • L'autoentrepreneur n'est pas assujetti à la TVA, il ne la facture pas, et ne la récupère pas sur ses achats ou dépenses.
  • au niveau impot, il a le choix entre
    • d'une part une évaluation forfaitaire de son revenu imposable, obtenu en appliquant un abattement sur son chiffre d'affaire (le même que pour les micro-entreprises). Le revenu obtenu est intégré aux autres revenu dans le calcul de l'impot.
    • ou bien, sur option, à un prélèvement forfaitaire libératoire, calculé sur le chiffre d'affaire (voir les barèmes ci-dessous). Cette option d'un impot forfaitaire libératoire est disponible seulement pour les Autoentrepreneurs et pour les EI an régime micro, à condition que le revenu de référence de l'année précédente par part de coefficient famillial ne dépasse pas le seuil de la 3 ième tranche du barème des impots (25926€ en 2008).
    On notera cependant que l'intérêt du prélèvement libératoire dépend totalement du taux marginal d'imposition de l'autoentrepreneur. Dans le cas de revenus globaux faibles, et/ou de coefficient famillial élevé, il sera souvent plus économique d'intégrer le revenu de l'activité aux revenus globaux imposables pour bénéficier de ce taux.
  • Son "bénéfice réel" est la différences entre ses recettes, cad ses ventes de produits ou services et ses couts (achats, dépenses), le tout diminué de ses charges sociales et impots.
  • Il existe un risque que l'ensemble (coûts plus charges sociales) soit supérieur au CA,
    donc de payer des charges et de l'impot tout en perdant de l'argent. La protection apporté par ce statut ne porte donc que sur l'absence de charges minimales, c'est à dire CA=0 entraine Charges=0.

Les pièges du statut d'Autoentrepreneur

Le statut d'Autoentrepreneur n'a pas été conçu pour pièger les entrepreneurs, mais au contraire pour faciliter la création d'entreprises. Il n'y a pas réellement de pièges à proprement parler, mais par contre certaines de ses caractéristiques peuvent conduire à des situation sans-issues, si on n'en tient pas compte.

  • Un des "pièges" du statut d'autoentrepreneur est que l'on va vous demander de payer des charges dès que vous encaissez quoi que ce soit, indépendamment du fait que vous fassiez un bénéfice ou pas, car les charges (et les impots) sont calculées sur le chiffre d'affaire, c'est-à-dire le montant que vous encaissez. On va vous demander de payer des charges, même si vous perdez de l'argent. Ce statut est donc à éviter à tout prix si on travaille avec un faible marge.
  • Le second "piège" est le fonctionnement en franchise de base de TVA. Donc vous ne facturez pas la TVA, mais vous ne pouvez pas la récupérer non plus. Ceci augmente immédiatement vos couts de revient de 19,6%. Le fait de ne pas disposer de N° de TVA intracommunautaire peut aussi vous disqualifier auprès de certains fournisseurs (étrangers en particulier).
  • Une conséquence de ce qui vient d'être dit est que l'Autoentrepreneur n'est pas du tout adapté à l'embauche de personnel (on ne peut pas en déduire le coût de sa base de calcul des charges et de l'IR).
  • Un autre des limitations concerne les droits à la retraite. Si les cotisations versées pour la retraite sont trop faibles, le(s) trimestre(s) ne sera(ont) pas validé(s).

En toute équité, ces "pièges" sont les mêmes que ceux de l'EI en régime microentreprise, donc rien de neuf sous le soleil, mais comme le statut d'Autotentrepreneur est souvent présenté comme la voie royale, sans aucun risque, permettant à tout un chacun de se lancer dans le monde de l'entreprise et de se retrouver dans la cour des grand, je pense qu'il est important de rappeler qu'il a des limitations. On voit déja, malheureusement, de nombreux déçus de l'Autoentrepreneur se plaindre amèrement sur les forums des galères dans lesquelles ils se retrouvent entrainés par une confiance exagérée dans un statut dont ils n'on pas compris les subtilités.

Les taux de charges et d'imposition

Commerçant

Artisan

Profession libérale

Plafond de CA (2010)

80 300€ 32 100€ 32 100€ 

Charges Sociales

12%

21,3%

18,3%

Impot micro-social (si éligible)

1%

1,7%

2,2%

Abattement pour calcul de base d'IR

71%

50%

34%

Attention : l'abattement ne s'applique que pour le calcul de l'IR. Le taux des charges sociales s'applique sur le CA sans abattement ni déduction d'aucune sorte.

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Attention au dépassement du plafond

Comme pour la micro-entreprise, le plafond de chiffre d'affaire s'entend pour une année complète d'existence pour l'autoentreprise. Il doit être adapté au pro-rata de la durée d'exercice. Par exemple, si vous vous déclarez au 1 Juillet, votre plafond sera seulement la moitié du plafond annuel.

Extrait du "Guide de l'autoentrepreneur":

"Si vous dépassez les seuils d'éligibilité au bénéfice du régime fiscal de la micro-entreprise (80000 € pour le commerce achats/reventes, ventes à consommer sur place et prestations d'hébergement et 32000 € pour les services), vous continuez à pouvoir bénéficier du régime fiscal et social simplifiés et de la dispense d'immatriculation pendant les deux premières années au cours desquelles ce dépassement est constaté, à condition que vous ne réalisiez pas un chiffre d'affaires supérieur à 88 000 € (pour le commerce) ou à 34 000 € (pour les services).Voir l'exemple en Annexe I. Si votre chiffre d'affaires dépasse 88 000 € pour le commerce ou 34 000 € pour les services, le régime du versement libératoire de l'impôt sur le revenu cesse rétroactivement au 1er janvier de l'année au cours de laquelle le dépassement est intervenu tandis que le régime du microsocial simplifié cesse au 31 décembre de la même année."

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Autoentrepreneur et ACCRE (aide aux demandeurs d''emploi créant ou reprenant une entreprise)

Nouvelles dispositions à compter du 1er Mai 2009 (annonce officielle)

Pour les créations d'entreprise effectuées à compter du 1er mai 2009, les demandeurs d'emploi auto-entrepreneurs éligibles à l'ACCRE bénéficieront ainsi d'un taux égal au quart du taux de prélèvement social normal la première année, à la moitié du taux normal la deuxième année, et aux trois quarts du taux normal la troisième année. À partir de la quatrième année, le demandeur d'emploi rentrera dans le droit commun de l'auto-entrepreneur. Cette mesure concerne le prélèvement social forfaitaire, le taux forfaitaire fiscal restant inchangé. Elle s'appliquera dans les limites de chiffres d'affaires du régime de l'auto-entrepreneur, avec régularisation en cas de dépassement. Les plafonds spécifiques de l'ACCRE sont donc portés pour les demandeurs d'emploi concernés au niveau de ceux du régime de l'auto-entrepreneur.

 
Commerçant
Artisan
Profession libérale
 
charges soc
IR micro-soc
total
charges soc
IR micro-soc
total
charges soc
IR micro-soc
total
Année 1
3%
1%
4%
5,325%
1,7%
7,025%
4,575%
2,2%
6,775%
Année 2
6%
1%
7%
10,65%
1,7%
12,35%
9.15%
2,2%
11,35%
Année 3
9%
1%
10%
15,975%
1,7%
17,675%
13,725%
2,2%
15,925%
au-delà
12%
1%
13%
21,3%
1,7%
23%
18,3%
2,2%
20,5%

Note : sur la période précédente, le bénéfice de l'ACCRE revenait à opérer en régime microentreprise pendant la 1ère et la 2ème année d'exercice, pour basculer ensuite dans le régime Autoentrepreneur en 3ème année.

Basculer d'EI vers autoentrepreneur

Vous pouvez le faire uniquement si vous êtes en EI micro (Commerçant ou Artisan), en remplissant et retournant au RSI dont vous dépendez avant le 31/12/2009 le formulaire suivant. Voir ici.

Obligations comptables de autoentrepreneurs

Décret n° 2008-1405 du 19 décembre 2008 pris pour l'application de l'article 9 de la loi n° 2008-776 du 4 août 2008 de modernisation de l'économie et modifiant la partie réglementaire du code de commerce

« Art.D. 123-205-1.-Le livre mentionné à l'article L. 123-28 distingue les règlements en espèce des autres règlements et indique les références des pièces justificatives. Le registre mentionné à ce même article présente chronologiquement le détail des achats, en distinguant les règlements en espèces et en indiquant les références des pièces justificatives. »

Article L123-28

Par dérogation aux dispositions des articles L. 123-12 à L. 123-23, les personnes physiques bénéficiant du régime défini à l'article 50-0 du code général des impôts peuvent ne pas établir de comptes annuels. Elles tiennent un livre mentionnant chronologiquement le montant et l'origine des recettes qu'elles perçoivent au titre de leur activité professionnelle. Elles tiennent également, lorsque leur commerce principal est de vendre des marchandises, objets, fournitures et denrées à emporter ou à consommer sur place, ou de fournir le logement, un registre récapitulé par année, présentant le détail de leurs achats. Un décret fixe les conditions dans lesquelles ce livre et ce registre sont tenus.

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